En compagnie d’une quarantaine de personnes, dont plusieurs membres de la Société de généalogie Saint-Hubert, le mardi 12 juillet 2016, je suis partie faire une visite du site traditionnel huron-wendat à Wendake. Dès notre arrivée, nous avons appris que le mot huron se dit wendat, ce qui signifie l’ile.
Étant native de la région de Québec, j’avais eu l’occasion d’y aller avec mes parents pour acheter des raquettes, il y a « au moins 25 ans » pour parodier Hi Ha Tremblay. Pendant ma visite cette année, j’ai vu ces mêmes raquettes fabriquées en frêne et tressées de babiche; j’ai aperçu également un canot qui ressemblait étrangement à celui que mes parents avaient acheté. Mais ce que j’y ai découvert est tellement plus que ces objets!
En compagnie de notre guide appartenant au clan de l’Ours, Luc ou Celui qui a la rivière en bouche, nous avons découvert une nation, une culture; nous nous sommes un peu découverts également.
En premier, comme tous bons hôtes savent le faire, nous avons été accueillis par des chants et une danse, le tout exécuté par de jeunes Hurons portant le costume traditionnel. Ils nous ont placés tout de suite dans l’ambiance. Celui qui a la rivière en bouche nous a accompagnés tout au long de cette visite. Guide accueillant, bien renseigné, conteur, maniant bien les pointes d’humour dans son discours, il nous a guidés pas à pas dans la découverte de la nation huronne, et nous avions le gout de le suivre.
Ses explications nous ont fait découvrir une nation vivant du commerce et où l’échange était à la base de la vie et de sa relation avec la Terre mère, une terre nourricière, une terre protectrice. Chez les Hurons-Wendat, tous sont égaux, peu importe leur place dans la société, et même les rôles sont bien définis entre les hommes et les femmes : les hommes font le troc, une grosse chasse et une pêche à l’automne, alors que les femmes font la cueillette des fruits et s’occupent de l’agriculture du maïs. Ils partagent également les rôles dans l’organisation sociale. Cette communauté a su s’adapter à la modernité. Ainsi, entre autres, les Hurons ne fabriquent plus de raquettes de frêne, mais bien des raquettes d’aluminium, et leurs canots sont maintenant en fibre de verre. Ils offrent également la possibilité d’en obtenir des exemplaires répondant au mode de fabrication plus traditionnel.
Nous avons connu leur mode de vie, tant l’ancien que celui d’aujourd’hui, avec les problématiques qu’ils rencontrent et les réussites dont ils sont fiers. Nous avons vu comment ils conservaient leur nourriture, ce à quoi pouvait ressembler leur « grande maison », les fourrures et les vêtements de cuir qu’ils pouvaient fabriquer, et encore… Saviez-vous qu’ils connaissaient déjà le sauna? Je ne vous apprends rien en mentionnant que les Jésuites n’appréciaient pas cette cérémonie…
Un bon diner traditionnel par la suite nous attendait au Restaurant Nek8carre. Détrompez-vous, le 8 n’est pas une coquille. Il s’agit plutôt d’une façon d’écrire un o suivi d’un u ce qui donnera le son /ou/. Ainsi, nous avons mangé une soupe aux graines de tournesol accompagnée de banique, une brochette de wapiti, des légumes et du riz sauvage et un gâteau vanille-caramel de sirop d’érable suivi d’une infusion à la canneberge. Le diner offert était excellent et la sauce sur le gâteau ressemblait à celle que faisait ma mère. On peut se demander qui a influencé qui. Les Blancs ou les Autochtones? Je pense que ce sont des influences mutuelles. On ne peut vivre les uns près des autres sans prendre ni donner de nos mœurs et coutumes.
Peu après, nous avons été dirigés dans la fabrication d’une pochette de médecine et notre guide nous a aidés à la purifier avec un encens à la sauge. Nous voilà au cœur d’une expérience de spiritualité; nous sommes initiés à leur sacré. Cette herbe séchée éloigne le malveillant. Chez les Wendat, on parle de malveillant plutôt que de méchant. Contrairement à ce qui a été véhiculé dans certains films, les Hurons-Wendat ne croyaient pas aux mauvais esprits; ils craignaient plutôt l’action d’esprits «ratoureux», d’esprits qui jouent de mauvais tours. Celui qui a la rivière en bouche nous a raconté la légende de la création du monde. Rien de mieux qu’être dans un lieu traditionnel pour écouter un conte traditionnel, y respirer l’odeur laissée par l’encens de sauge. On ne fait pas qu’entendre parler de cette culture, on s’en imprègne.
Pour terminer, nous avons été heureux de visiter la boutique fourmillant de productions artisanales. Je suis repartie avec quelques souvenirs, dont des roues de la médecine pour toute ma famille. Celles qui chassent les maladies? Oui. Et pourquoi ne pas gâter ceux qui me sont chers!
La visite tirait à la fin quand Celui qui a la rivière en bouche nous a dit qu’il se nommait maintenant Celui qui a la source tarie. On s’est laissés heureux, plus savants qu’au départ, avec notre poche de médecine et tous les conseils nécessaires à son utilisation.
(2016)
Une réponse à « Un voyage vers d’autres, un voyage vers nous »
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J’ai trouvé ton texte bien agréable à lire et, à mon tour, je suis plus savante.
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