Mon choix de carrière, après bien des hésitations, m’a conduite vers l’enseignement au primaire. Dans le cadre de ma formation à l’université, j’ai le souvenir d’avoir suivi un cours sur la littérature. En équipe avec une amie, Gemma, nous avons rédigé une histoire de boulanger qui donnait sa recette de pain aux élèves. Je me souviens avoir beaucoup aimé rédiger ce travail. J’avais pensé, sans le dire au professeur, qu’un jour j’aimerais écrire. En même temps, dans ma tête, ce projet était irréalisable…
Ce sera avec mes élèves, que j’expérimenterai l’écriture. Et, vraiment, j’y ai pris gout. J’ai aussi commencé à écrire des poèmes pour mettre des mots sur des émotions, des réactions ou des motivations qui se trouvaient liées aux évènements que je vivais.
Parallèlement, je lisais des histoires à mes enfants. La plus jeune de mes filles voulait d’ailleurs souvent que je lui invente une histoire, à brule-pourpoint, comme ça, sans préparation. Je me souviens avoir manqué d’inspiration et avoir voulu l’utiliser comme personnage de mon histoire.
Cette tentative n’a pas été fructueuse. En effet, elle ne voulait pas jouer le jeu et j’ai compris alors qu’elle recherchait un personnage fictif. Pas une copie de sa réalité.
C’était une démonstration claire de l’importance d’une des conditions du plaisir de l’esthétique, soit d’entrer dans le jeu de la fiction. Déjà, à l’âge de quatre ans, ma fille réclamait des personnages qui lui paraissaient réels, mais qu’elle savait bien inexistants. Son intérêt était justement de les découvrir.
Mon intérêt pour le français et son enseignement m’a amenée à changer d’emploi pour devenir conseillère pédagogique. Au début des années 90, je suis devenue membre de l’organisme Loisir Littéraire et je me suis inscrite à deux ateliers : nouvelle littéraire et création littéraire. J’ai adoré ces ateliers et c’est à ce moment que j’ai découvert ce qu’était la création. Tous les matins, je me trouvais des contraintes d’écriture et j’écrivais. J’ignorais où me mèneraient toutes ces expériences, mais je venais de découvrir qu’« Écrire, c’est la vie. »
J’ai voulu approfondir ce domaine en suivant des cours de linguistique et des cours de création littéraire.
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