Ce texte a été écrit dans le cadre d’une activité où un groupe de passionnées d’écriture écrivaient un texte par mois, après avoir reçu une photographie d’un groupe de photographes. Cette activité a duré un an. Je suis très contente d’avoir été invitée à y participer. Les échanges étaient toujours constructifs.
Il y a des jours où personne ne se sent à sa place. L’enfant désirant jouer, alors que ses parents sont occupés avec les préparatifs de la réception du soir; l’ado souhaitant sortir avec ses amis, alors que son enseignant vient de donner un travail à remettre le lendemain; la mère voulant aller faire des courses, alors que son bébé se réveille et réclame le sein; le père prêt à se rendre au bureau, alors que son petit chigne dans le coin et ne veut pas le voir quitter la garderie. Encore, encore. Puis la bicyclette prise dans le banc de neige.

Il y a des jours où tout semble froid autour de nous. L’absence de soleil dans un ciel couvert; la présence d’une neige pas très blanche; la mort d’une personne qu’on aime; le départ de ses enfants; la perte d’un emploi; l’impossibilité de réaliser un rêve. Encore, encore. Puis, la bicyclette prise dans le banc de neige.
Il y a des jours où chacun voudrait être tout sauf lui-même. Une étoile comme le Soleil pour réchauffer les cœurs blessés sur Terre. Un vent chaud qui transporterait tout un chacun dans un monde plus chaleureux que le nôtre. Un volcan pour faire fondre toute la neige, réchauffer le sol foulé par nos pieds et dégager les routes. Un système électrique intégré à la bicyclette pour la sortir de la neige et me permettre de partir loin.
Partir loin des contraintes, loin des malheurs, loin des tristesses, loin des pleurs, loin des morts, loin de tout…
- Eh, Maman! Partir loin de tout ça, c’est pas un peu partir de la vie?
( 2012)
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